PORTRAIT
POUCHKINE
Aleksandr Sergueivitch
Ecrivain
russe né à Moscou en 1799 et décédé
à Saint-Pétersbourg en 1837. L'enfance de Pouchkine
dans une famille de vieille noblesse qui goûte la culture
européenne est assez heureuse: d'une mère excentrique,
petite-fille du 'nègre de Pierre le Grand' Hannibal, il
tient un caractère passionné et exorbérant.
Il passe six ans au nouveau lycée de Tsarskoie Selo en
s'exerçant aux jeux littéraires, et ses premiers
essais, des immitations, étonnent par leur qualité
formelle. Derjavine, Joukovski admirent la fluidité de
ses vers, et, à vignt-deux ans, il a déjà
écrit des poèmes licencieux, des épigrammes,
un conte d'inspiration nationale qui fait date par son mépris
des règles, Rouslan et Lioudmila (1817-1820),
un poème parodique à la Voltaire, la Gabréliade
(1821). Fonctionnaire aux Affaires Etrangères, il mène
une vie mondaine, dissipée, frondeuse, qui lui vaut un
exil administratif: intermède salutaire (1820-1824) au
Caucase et en Crimée, oü, avec ses amis Raievski,
il découvre la beauté du pays, lit Scott et Byron,
écrit deux récits, Le Prisonnier du Caucase
(1821), la Fontaine de Bakhtchissarai (1824). Après
une nouvelle incartade, il est mis en résidence surveillée
en 1824, dans la propriété de Mikhailovskoie, pörès
de Pskov. Durant ces deux années de solitude, il se retrempe
aux source de la terre russe et travaille à deux chefs-d'oeuvre:
Boris Godounov et Eugène Onéguine.
Cette disgrâce lui évite d'être compromis avec
les décembristes. C'est un tournant dans la vie de Pouchkine:
le nouveau tsar Nicolas I-er lui offre sa protection et la société
l'accable de ses faveurs, son inspiration devient plus grave,
la médiation remplace la 'rime joyeuse'; il écrit
un récit en prose, Le Nègre de Pierre le Grand
(1827), puis, d'un jet, un poème d'inspiration nationale,
Poltava (1828). Pouchkine a trente ans, lorsqu'il
demande la main d'une beauté de seize ans, Natalia Gontcharova,
qu'il épouse en 1831. Il partage son temps entre la retraite
paisible de Mikhailovskoie et la vie trépidante de la cour.
Années fécondes, même si la veine poétique
- Le Cavalier de bronze (1833) excepté -
se tarit; fonctionnaire appointé, Pouchkine prépare
une histoire de Pierre le Grand; il publie les Récits
de Belkine (1831), des nouvelles, Doubrovski
(publiée en 1832), la Dame de Pique (1834),
il travaille à l'Histoire de Pougatchev
, qui aboutira à la Fille du Capitaine (1836).
Mais, en fait, la liberté lui manque et ses dernières
oeuvres (Le Convive de Pierre, publié
dans le Contemporain) sont écrites dans de
grandes tensions, provoquées par les exigences de la frivole
Natalia et les pressions du tsar. Susceptible, exaspéré
par les provocations d'un jeune français,Georges d'Anthès,
fils adoptif du Baron Heeckeren, qui courtise Natalia, Pouchkine
se bat en duel contre lui le 27 janvier 1837 et s'écroule
dans la neige. Ainsi meurt le plus limpide, le plus harmonieux
et le plus sobre des écrivain russes: "En lui,
dira Gogol, sont contenues toute la richesse, la puissance,
la souplesse de notre langue" et comme dira M.A. Boulgakov:"Pouchkine
est une manifestation merveilleuse de la Russie, en quelque
sorte son apothéose".
Source:
Le Grand Larousse
Universel - copyright AG-03105
Autres:
Z.
Skhohovski: Vie d'Alexandre Pouchkine (Ed. de la Cité Chrétienne
Bruxelles 1938)- L. Lambert: Pushkin, Poet and Lover (New-York
1946) - H. Trojat: Pouchkine (A. Michel 1946, 2 volumes) - M.
et R. Hofmann: Pouchkine et la Russie (Edition du chêne
1947) - Le Drame de Pouchkine (Carréa 1949) - W. Weidlé:
Pouchkine (Unesco 1950) - H. Juin: Pouchkine (Seghers 1956) -
I.L. Andronikov: Les Derniers Jours de Pouchkine (trad. du russe,
Edition de Moscou 1959) - V. Setchkareff: Puschkin, sein Leben
und sein Werk (Wiesbaden 1960) - J.L. Backes: Pouchkine (Edition
du Seuil, coll. Microcosme 1966).